Mort de Rémi Fraisse

Billet d’humeur à propos de la manif du 8 novembre. De la Bastille à la nasse du Père-Lachaise… J’ai assisté hier, atterré, au prélèvement dans une troupe de protestataires, au rapt, par une harde de prédateurs en uniforme, d’un individu, en queue de manifestation. Individu certainement désigné à la capture par un gang de « civils » qui zonaient et repéraient en bordure de la manif… Impressionnant ! Plusieurs uniformes sautent simultanément sur un mec, le mettent à terre, le tirent vers l’escadron qui se referme sur eux, traîne le gars vers les cars et tous se replient, sur la défensive. Dix secondes pour un enlèvement ! C’est pas du totalitarisme ça ? En tous cas ça y ressemble drôlement ! J’ai assisté hier, à la colère d’un interviewé à qui un journaliste posait, d’une manière implicitement accusatrice, la question de la violence. Il s’est emporté en disant toute celle qui était contenue dans la protection par un escadron de robot-cops d’une station service Total, fermée, qui se trouvait malencontreusement sur le parcours du cortège. En colère parce que, quand un PDG de combat meurt accidentellement on a quasiment un deuil national, alors que, quand c’est un mort victime d’une violence d’État il faudrait seulement fermer sa gueule, et surtout ne pas demander réparation et, bien entendu, baisser les bras devant d’autres projets en cours au moins aussi nuisibles ! J’ai assisté à un défilé exsangue où les grands partis de l’indignation brillaient par leur absence. Des jeunes, les libertaires, le Parti de Gauche, Ensemble, quelques écolos, le NPA, chacun réduit au groupusculaire… Et tous encerclés par la Police… J’ai assisté à la canalisation de ce cortège en tête duquel marchaient des jeunes gens indignés qui rêvaient d’en découdre. Amenés dans une souricière, au fond d’un traquenard cerné par une armada de gens d’arme qui tiraient sur la laisse. Déjà omniprésente tout au long du parcours, ses dirigeants tapant du pied d’impatience d’aller en faire corriger quelques-uns par leurs troupes qui ne demandaient que ça… Et rien que par cette présence, par sa pression, l’affrontement ne pouvait pas manquer d’arriver. J’ai assisté à un rapport de force tellement défavorable qu’à la dispersion (contrainte) les bataillons de nervis bleus se permettaient d’obliger les porteurs de drapeau à rouler leur bannière pour rejoindre le métro. Une ultime humiliation, ça ne se refuse pas ! Ce qui a permis à un quidam, probable provocateur, de nous interpeler avec un « Ça vous a pas un goût de défaite, ça ! » Oui, c’est amer un pareil ravalement, l’étouffement tellement bien orchestré d’une possible et nécessaire protestation. Cette mise au pas aussi symbolique que matérialisée, ne pourra faire que le lit de violences, qui, mêmes aveugles, ne manqueront pas d’y répondre… Je n’ai pas écris ça pour être publié mais je tenais à faire part de mon indignation.

Vous aussi, ce week end votez pour le droit de révoquer ses élu-es !

6-jours-pour-la-6e-republique-750x281.png Le Parti de Gauche lance une votation citoyenne ce week-end pour revendiquer le droit de révoquer les élu-es qui trahissent leurs mandats, comme c’est le cas de François Hollande qui une fois élu fait tout le contraire de ce qu’il a promis dans son programme. Le droit de révoquer ses élus permet aussi de destituer ceux qui n’ont pas un comportement exemplaire comme c’est le cas pour tous les Thevenoud de France. Cette mesure phare de la 6ème République que nous appelons de nos vœux redonne le pouvoir aux citoyens de contrôler leurs élu-es alors que la 5ème République favorise une délégation de pouvoir aveugle à des élu-es qui abusent impunément de leur position. A cela nous disons Stop ! La révocation des élu-es permettra des campagnes sur des programmes honnêtes et sérieux, à contre-courant des campagnes mensongères ou démagogique. Ce droit existe dans d’autres pays, y compris aux États-Unis : il est temps de l’appliquer en France. C’est au peuple qu’appartient le pouvoir conformément au principe de souveraineté populaire. Vous pourrez voter sur tous les marchés de l’Essonne, et ici près de chez vous : Ce samedi de 10h à 12h au marché de Juvisy et dimanche de 10 h à 12h au marché de Viry-Chatillon.

Mais pourquoi diable payons-nous des impôts ?

A cette période de l’année où impôts sur le revenu et impôts locaux se télescopent, ce sont de mauvaises surprises qu’ont reçues une majorité de juvisiens qui sont en droit de se demander à quoi ils servent ? faut-il-augmenter-les-impots_article_main.jpgDans notre République, le consentement à l’impôt ne tient que parce que nous avons tous conscience qu’ils participent à la protection de tous. En France, grâce aux impôts, nous avons eu le meilleur système de santé, les meilleurs hôpitaux, la meilleure école publique gratuite et laïque… Nous avions au moins conscience de participer au bien commun en nous acquittant de notre impôt, même si notre système fiscal restait certes bien imparfait. C’est tout le contraire aujourd’hui ! Un système fiscal de plus en plus injuste, particulièrement les impôts locaux. La faute aux gouvernements, depuis l’époque Raffarin-Sarkozy, jusque aujourd’hui à la période valls-Hollande, avec des choix fiscaux qui privilégient les Bettencourt et Total et dépouillent les familles et les collectivités locales… On avait espéré avec Hollande une révolution fiscale, nous n’avons à la place que scandales fiscaux… Et parallèlement, l’idée grandissante que nous en savons même plus pourquoi nous les payons ces impôts ! Et pour cause ! Le service public recule partout : des bureaux de poste, Pôle Emploi, Sécurité Sociale, Trésor Public qui ferment, des services d’hôpitaux et de santé dégradés, des tarifs qui augmentent (prix du timbre, cantines, périscolaire, centre de loisirs, transports scolaires….), une mauvaise qualité de services (attentes interminables aux urgences, aux guichets…), de moins en moins d’infirmières, de médecins, d’enseignants, d’éducateurs… Ajoutez à cela la réforme des rythmes scolaires qui engendrent des coûts supplémentaires . Le service public diminue comme peau de chagrin et pourtant il nous coûte plus cher ? Alors quel est le problème ? Pourquoi ? À qui cela profite t-il ? Où va notre argent ?

Quelques pistes de réponses :

3827893_ranson-impots.jpg D’abord il faut bien que quelqu’un paie les 50 milliards de cadeaux aux entreprises du CAC40 ; Le fameux pacte de compétitivité. 50 milliards que nous allons financer. Soi-disant pour que ces entreprises créent des emplois dont nous n’avons toujours pas vu la couleur. Ajoutez à cela, les milliards de déductions fiscales patronales, niches fiscales et autres chèques accordés aux gros poissons (les rentiers et les financiers, je ne parle pas ici des PME ou des artisans qui sont eux logés à la même enseigne que nous tous). Ajoutez à cela les milliers de milliards généreusement offerts aux banques en 2008, sans aucune contrepartie. Alors les banques ont joué au casino, et c’est nous qui remboursons. Ajoutez à cela, le coût des 50 à 80 milliards d’euros par an des pertes de recettes fiscales et sociales dues à la fraude. La fraude en col blanc. Alors pourquoi ce sont toujours les mêmes qui passent à la caisse ? Vous et nous. Pourquoi une entreprise comme Total qui ­ a réalisé 60 milliards de profits ces 5 dernières années, ne paie pas un centime à l’État français ? Pourquoi cette injustice ? Où est la révolution fiscale promise par Hollande lui qui se contente d’appliquer les mêmes punitions que Sarkozy. Ces gens-là n’aiment pas le peuple. Nous payons leur crise, alors qu’eux-mêmes continuent de s’enrichir impunément. Le nombre de millionnaires a explosé ces dernières années. Toute cette classe politique et financière doit s’en aller. C’est le peuple qui doit reprendre le pouvoir, notamment celui de les révoquer en plein mandat. C’est pourquoi nous avons rejoint le mouvement pour la 6ème République