Notre position sur le budget 2019

Nous arrivons en fin de mandature et les dossiers sont donc en grande partie bouclés.

Mais nous constatons que les orientations restent les mêmes.

Désendettement maîtrise des deniers publics

Il est louable d’être vigilant sur la maîtrise de la dette et les dépenses de la commune mais nous rappelons qu’il n’y avait pas d’emprunts toxiques à rembourser liés aux anciennes mandatures et que le budget d’une commune n’a rien à voir avec le budget d’une famille. La commune a tout intérêt à investir dans l’avenir à long terme et à recourir à l’instrument de la dette lorsqu’il s’agit d’investissements lourds concernant une école, une crèche ou la réfection d’une voirie, équipements dont le coût – mais aussi l’usage- courra sur plusieurs générations ; Des services publics de qualité accessibles même aux plus défavorisés sont à ce prix et la France en a les moyens ! La dette est utile pour faire face aux défis des nouvelles générations et nourrir une politique de la ville ambitieuse et à long terme !

Une fiscalité inchangée

En ce qui, concerne les taux d’imposition, vous vous félicitez de ne pas les augmenter. Nous en prenons acte. Il est compliqué d’intervenir dans ce débat alors que la suppression partielle de ces impôts locaux est en débat au niveau national dans un contexte de remise en question de l’imposition par le mouvement social en cours. Cette suppression priverait les communes d’une ressource importante si elle n’était pas compensée par l’Etat. Rappelons simplement que nous serions pour une refonte totale du système fiscal, beaucoup plus progressif, prenant en compte les revenus du travail mais aussi sur les produits financiers, les revenus spéculatifs, le capital etc.

Pour protester contre les inégalités liées à cette imposition injuste, nous avons donc voté contre les nouveaux taux d’imposition.

Dans le même esprit, nous continuons à dénoncer la grille du quotient familial que vous avez restreinte,  excluant ou diminuant les droits des familles les plus modestes, les familles mono-parentales ou les chômeurs, tout en baissant l’apport des familles les plus aisées. Ce premier acte de la mandature actuelle procède à notre sens d’une logique anti-sociale ; nous ne la légitimons pas et nous avons donc voté contre la tarification des centres de vacances même si, bien sûr, nous défendons l’aide que la commune peut apporter à ces séjours en centres de vacances.

Une option sécuritaire, toujours ;

Nous regrettons, comme cela a déjà été dit lors du dernier conseil municipal, que des sommes considérables soient affectées à du matériel de surveillance : achat de caméras de sécurité, véhicule pour caméras embarquées etc. Nous redisons qu’il nous semble préférable de mettre de l’humain dans la ville en privilégiant la prévention : éducateurs, associations d’éducation populaire, lieux de vie communs favorisant le lien social etc.

L’accès pour tous à la santé

Enfin, nous prenons acte de vos efforts en faveur de l’accès à la santé avec l’ouverture d’une deuxième maison de santé sur le plateau même si cela s’est fait dans l’urgence. Mais ces efforts ne touchent que la médecine de ville et ne s’insèrent pas dans un plan d’ensemble qui répondrait aux besoins de la population et garantiraient l’accès pour tous à la santé. En effet, les médecins et soignants de ces maisons pluridisciplinaires, ne sont pas assujettis au secteur 1 et à des astreintes d’horaires.

Puisque l’on aborde la thématique de la santé, qu’en est-il de l’hôpital de Juvisy qui voit sa mort annoncée avec la fermeture du service de médecine interne (56 lits) en juin 2019 et l’annonce du début du déménagement en septembre 2019 ? Nous saluons l’intervention du député R. Réda à l’Assemblée nationale en faveur des hôpitaux de proximité, d’autant qu’il a dénoncé les pressions des promoteurs immobiliers pour la cession des terrains très convoités de l’hôpital. Mais la demande du député R. Reda et de M. Perrimond, maire de Juvisy, que celui-ci soit classé hôpital de proximitéselon la nouvelle nomenclature gouvernementale ne résout rien, même si ceux-ci exigent aussi le maintien des urgences.  En effet, l’hôpital de proximitédésormais,  tel qu’il est défini dans la Loi Santé 2022 ( projet de loi 2022 qui doit être voté avant l’été) revoit la définition de l’hôpital de proximité : celui-ci se réduira à une structure sans maternité, sans plateau de chirurgie et sans  urgences. Le gouvernement peut donc annoncer la création de 500 à 600 « hôpitaux de proximité » sur toute la France à peu de frais ! L’arnaque est totale ! Il faudrait aller bien au-delà de cette typologie et demander le classement en hôpital type 2,ce qui correspondrait à un hôpital doté d’urgences mais aussi d’un plateau chirurgical et d’une maternité. Oui ! le retour d’une maternité est un enjeu essentiel !  Car nous constatons tous les jours la difficulté dans laquelle sont les femmes qui doivent accoucher sur notre territoire. Nombre d’entre elles se voient dans l’obligation de recourir au privé faute de places dans les hôpitaux publics. Que nous proposez vous, M. le Maire et M. le Député, pour éviter cette situation scandaleuse ?

Et l’écologie dans ce budget ?

Rien n’apparaît dans ce budget concernant l’écologie. Rien sur la possibilité d’aménager des circulations douces, des pistes cyclables notamment sur le pont de Draveil, sur la création d’éco-quartiers etc.

Vous annoncez le 1ergrand projet de la future mandature,à savoir le futur groupe scolaire attendu pour 2023.

Il était temps !  Nous sommes heureux de voir que vous prenez enfin en compte les besoins de la commune liés à une densification de la population. Que ne l’avez vous entrepris avant !

Mais nous exprimons notre inquiétude devant le manque d’anticipation et de démocratie dans cette affaire. Comme nous l’avons dit précédemment lors du dernier conseil municipal et lors de la commission, il aurait fallu travailler en amont avec la communauté éducative : parents et enseignants. Or il n’y a pas eu de consultation ni de commission de travail. De nombreuses questions se posent. Quels sont les besoins ? Quelle taille devrait avoir cette école ? Faut-il supprimer des classes dans un groupe scolaire voisin au risque que la direction n’ait plus de décharge ? Quelles sont les attentes des personnels ? Quid des questions légitimes et des suggestions à faire sur une école qui pourrait être envisagée comme un modèle écologique avec des matériaux non polluants et autonome sur le plan énergétique ?

Nous l’avons dit : Juvisy mérite des projets plus ambitieux qui s’inscrivent dans une logique de long terme tenant compte des besoins de nos concitoyens et des contraintes environnementales liées au changement climatique.

Toutes ces raisons font que, par conséquent, nous avons voté contre le budget primitif tel qu’il a été proposé lors du conseil municipal du 11 avril 2019.