Compte rendu du Conseil Municipal du 30 juin 2014

Chut ! On nous empoisonne ?

On refusait d’y croire ! Mais le Maire l’a confirmé sans fausse honte : alors que la commune a signé une convention « zéro phyto » qui l’engage à ne plus utiliser de produits chimiques sur l’espace public pour « désherber », la nouvelle équipe a fait appel à une entreprise qui s’est empressée de déverser des litres et des litres de pesticides et autres poisons dans notre ville ! Parce que certains habitants, semble-t-il, se plaignaient d’être envahis par les mauvaises herbes…. Voilà l’urgence qui a motivé cette intervention rapide ! Pourtant, les habitants ne sont pas des enfants capricieux, des consommateurs à qui on doit tout céder ! Les juvisien-nes sont capables d’entendre que, dans leur ville, nous tendons à protéger la biodiversité, à bannir les pesticides dans notre intérêt ! On ne respecte pas les engagements de la ville, on empoisonne nos sols, et donc l’Orge et la Seine, et donc l’eau que nous buvons pour quelques malheureuses herbes folles ! Ces dernières sont-elles plus dangereuses pour notre santé et celle de nos enfants que des produits dont on sait maintenant qu’ils sont la première cause des cancers ? Quand on l’interroge, Monsieur le Maire répond que les méthodes alternatives (binage, eau chaude…) auraient couté trop cher ! Pendant la campagne électorale, notre santé n’avait pas de prix ! Maintenant elle en a un. alimentation-pesticides-empoisonnement.jpg

Cantines, périscolaire, centre de loisirs… La sélection par l’argent dès septembre

Ca y est ! C’est voté malgré une opposition exemplaire. A partir de septembre c’est une nouvelle grille de quotient familial qui va s’appliquer. Une grille honteuse, une méthode scandaleuse ! Nous avons tout entendu et pourtant zéro argument de bonne foi : qu’il y avait trop de tranches, qu’il fallait l’égalité (sic!) et l’harmonisation, que c’était toujours les mêmes qui payaient…. Nous avons rétorqué que le nombre de tranche n’était pas important, ce qui compte c’est l’objectif de la grille de quotient. S’il s’agit de mettre dehors ceux qui coutent trop cher, nous ne sommes pas d’accord ! Pour nous le quotient familial doit prendre en compte la situation réelle des familles : nombre d’enfants, famille monoparentale ou non, nombre de salaires…. et chacun doit payer en fonction de ses moyens. Pour faire baisser la facture d’une poignée de familles qui vivent mieux, c’est la majorité des familles qui vivent moins bien qui va être pénalisée et qui va voir ses factures augmenter ! Ce n’est pas cela l’égalité et la justice ! Une famille de médecins doit-elle être traitée de la même manière qu’une mère de famille seule qui galère de temps partiel en intérim ou qu’une famille que le chômage a frappé comme 5 millions de personnes aujourd’hui en France ? Non. Cette révision du quotient est soi-disant faite de manière transitoire le temps de faire une étude plus approfondie…. Pourquoi ne pas faire l’étude approfondie d’abord ? Quelle est l’urgence qui conduit à jouer avec la vie des gens, et à proposer une réforme « transitoire » qui va mettre des centaines de familles dans la difficulté ? Nous avons donc demandé le report de cette réforme, la constitution d’un groupe de travail pour mener cette étude approfondie afin d’aboutir à une réforme juste et qui prenne en compte les situations de chaque famille… Sans résultat…. Ah si ! Vous serez contents d’apprendre que si êtes en difficulté, vous pourrez aller au Centre Communal d’Action Sociale.

De la schizophrénie en politique

Monsieur le Maire et son équipe nous ont proposé une motion pour « alerter les pouvoirs publics sur les conséquences de la baisse massive des dotations de l’État ». Forcément nous avons soutenu cette motion, car nous alertons nous-même depuis 10 ans sur les conséquences de la baisse de l’enveloppe financière allouée aux communes. Pendant la campagne électorale, nous alertions que les conséquences seront l’augmentation des impôts locaux et la baisse de la qualité du service public, voire la suppression d’actions de proximité ! Sans nous tromper. Nous avons donc dit au Maire que même si nous votions la motion, nous n’étions pas dupes. Que tout cela n’était que gesticulations et coup de communication. Qu’il était risible d’assister à la schizophrénie des élu-e-s qui soutiennent au niveau national et européen la réduction des déficits publics. Que ce soit sous Sarkozy ou Hollande, les gouvernements successifs ont raboté dans les finances publiques, ont privatisé des services publics, pour se soumettre aux injonctions de Bruxelles. A-t-on entendu pendant la campagne des européennes un maire de droite ou socialiste remettre en cause la règle d’or qui oblige tous les budgets nationaux à ne pas être en-dessous des 3% puis des 0,5% de déficit ? A-t-on entendu notre Maire dénoncer cette logique qui conduit à la baisse de nos dotations ? Non ! Rien ! Il a même voté pour eux, lui et son équipe ! Alors pourquoi applaudir nationalement à ces politiques de réduction de la dette publique et venir pleurer localement que c’est injuste comme si on ne savait pas d’avance que ces décisions nationales et européennes auraient des conséquences à Juvisy ? Nous? Nous sommes à l’aise, car que ce soit aux élections municipales, cantonales, régionales, présidentielles, législatives, ou européennes, nous sommes cohérents : nous sommes contre les politiques d’austérité imposées par l’Europe.

Rythmes scolaires : acte 3

Bon ça y est ! La mairie de Juvisy va appliquer les rythmes scolaires… Mais pas dans les meilleures conditions. C’est un coup d’épée dans l’eau (ou le coup de communication ?) qu’aura été la mobilisation pour demander le report des rythmes scolaires à la rentrée 2015… Du coup, cela dispense la Mairie d’une vrai concertation avec les enseignants et les parents. À moins que cela n’ait été calculé ? Du coup, c’est le flou, pas de vision globale de la réforme et de ses impacts sur les enfants, sur les finances de la ville, sur les finance des parents… Les socialistes et l’UMP se renvoyant les responsabilités, de coût et d’intérêt de l’enfant, nous avons rappelé que, trêves de chamailleries, cette réforme provenait directement des cartons de Sarkozy, et que Hollande se contentait de mettre en œuvre ce que Sarkozy n’avait pas eu le temps de faire. Que cette réforme des rythmes scolaires, dans un contexte de manque d’argent, préparait l’acte final, le rêve des multinationales depuis des décennies : faire rentrer les entreprises privées dans le temps scolaire ! Que demain quand personne, ni les parents, ni la ville, ni l’État, n’auraient les moyens de payer, un appel sera fait aux entreprises telles Total, LU… qui se feront une joie de financer les actions en échange de publicité et d’endoctrinement de nos enfants … Et ce qui aurait du être du temps d’épanouissement et de renforcement de l’esprit critique deviendra du temps de cerveau disponible pour la société de marché…

Dans tout mariage, il faut le consentement

Nous n’avons pas voté la motion proposée par le maire qui fixe le cadre de revendication pour la prochaine réforme territoriale, et le futur rattachement de notre agglomération au pôle d’Orly. Mais qui lui a donné mandat pour négocier de rejoindre le pôle d’Orly ? Surement pas les citoyen-nes ! Les habitants ont-ils été concertés ? Ont-ils été informés? Les a-t-on associés pour décider de leur avenir ? Les a-t-on sensibilisés ? Pendant la campagne des municipales, nous avions proposé des réunions d’information et de concertation et la tenue d’un référendum pour que les habitants s’expriment : rejoindre le pôle d’Orly ? Ou rester dans l’Essonne? Nous réclamons ce référendum, ou pour le moins un grand temps d’enquête, d’échanges et de concertation. Avec un mandat, les élu-e-s sont plus fort pour négocier. Il y a pourtant urgence à obtenir le consentement des habitants, car les préfets vont bientôt se concerter avec les élus, pour proposer des fusions entre agglo pour créer des métroples à partir du 1er janvier 2016.

Pèle mêle

– Nous n’avons pas voté le compte administratif, c’est à dire le bilan financier de l’année précédente, car nous n’y avons pas participé, et nous ne partagions pas certaines orientations que nous avons dénoncées pendant la campagne des municipales – Nous n’avons pas voté la délégation de service public à Léo Lagrange, car même si Léo Lagrange est une grande association d’éducation populaire dont nous partageons les valeurs, pour nous le temps scolaire doit rester une mission de service public et donc être exercé pleinement par la ville, avec des agents de la ville. À fortiori quand on est conscients des menaces de privatisation du temps scolaire qui s’avancent. – Nous n’avons pas voté les nouveaux tarifs pour la restauration scolaire, le périscolaire, les études surveillées et les centres de loisirs, car même si, en affichage, ils n’augmentent pas, la reforme du quotient familial va bouleverser la plupart des factures des habitants.

En direct du conseil municipal du 15 avril

image_-_copie.jpg Nous avons voté contre une décision budgétaire modificative. En effet, nous sommes les élus anti austérité et cette délibération illustrait parfaitement l’absurdité du système de financement du service public local : encore une baisse des dotations de l’état qui n’est compensée principalement par les recettes de fiscalité locale, la plus lourde et la plus injuste. En gros moins l’État paie, plus les Juvisiens paient. Nous ne cautionnerons jamais par nos votes la réduction des déficits publics qui pèse sur les citoyens. Valls a annoncé encore des mesures qui vont nous ponctionner par milliards. Allons-nous continuer à faire payer les habitants une politique qui privilégie les entreprises du CAC 40? À elles la disparition de la taxe professionnelle, à elles les exonérations fiscales, à elles les cadeaux fiscaux ! Et ce serait à nous de payer les contreparties. Nous ne serons jamais d’accord avec cette logique. Au maire qui engage un audit des finances publiques nous disons c’est un audit du système fiscal en France dont nous avons besoin ! Nous avons voté pour la délibération qui demande le report de l’application de la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2015. Fidèles à nos engagements de campagne, nous avons rappelé que cette réforme, déjà dans les cartons de Sarkozy, est néfaste pour l’enfant, au vu du bilan des communes qui l’ont appliquée en 2013. Elle met fin à l’égalité territoriale puisque communes riches et communes pauvres n’ont pas accès aux mêmes possibilités d activités et d’encadrement. Elle risque de peser financièrement sur les familles car son financement est laissé au bon vouloir et au bon pouvoir des communes. Qui va payer ? Les impôts locaux ? Les familles ? Les entreprises privées qui se préparent à entrer sur le temps scolaire ? Nous refuserons toute remise en cause de la gratuité du temps scolaire et de la laïcité . Compte-rendu du conseil municipal du 15/04/2014 disponible en pdf

L’opposition de gauche pour vous défendre !

« Chers collègues, C’est avec plaisir que je veux vous faire part de notre état d’esprit pour représenter au Conseil les quelques 15% d’électeurs qui ont porté leur suffrage sur notre liste Front de Gauche. Le débat public doit continuer. Nous faisons le pari de convaincre les juvisien-ne-s que nos propositions doivent devenir majoritaires. Nous allons convaincre que le retour en régie publique d’un trop grands nombre de services publics délégués au privé doit nous permettre de baisser la facture des usagers ou de faire des économies pour financer de nouveaux droits. Convaincre que la mutuelle communale doit permettre à un certain nombre de juvisien-ne-s qui ont renoncé aux soins, d’accéder à une mutuelle en négociant des tarifs groupés moins chers et avec de meilleurs remboursements. Convaincre que nous devons mettre dehors les spéculateurs et les promoteurs si nous voulons reprendre la main sur l’urbanisme de notre ville. Nous continuerons de défendre notre programme car il est celui de l’intérêt général. Malgré tout nous avons un regret c’est celui de ne pas pouvoir siéger au conseil d’agglomération, alors que tant de décisions essentielles pour l’avenir de notre ville vont s’y prendre. A savoir les futurs fusions d’agglomération, dans le cadre de la métroplisation. Avec qui allons-nous fusionner ? L’Essonne, le Val de Marne, Orly ? Sur quels objectifs communs et sur quel projet ? Ce débat doit être public. Et l’échelon le plus pertinent et le plus démocratique c’est l’échelon communal. Nous voulons être associés, avec les habitants. Nous proposons un référendum pour valiser la décision. Vous avez fait savoir que la démocratie particpative serait un préalable. Tant mieux. Ateliers d’urbanisme, cogestion des services publics, commissions municipales et commissions extra-municipales…Nous participerons à tous les espaces démocratiques. Pour peu qu’il soient utiles, et qu’ils associent les habitants AVANT la prise de décision, et non pas APRES la décision dans un simulacre de concertation. Il faut rendre confiance aux habitants en la politique. Les résultats le montrent. L’abstention énorme montre la défiance, la conviction que le vote ne sert à rien. N’oubliez pas que vous avez été élus avec moins de 30% des inscrits ! Les habitants méritent un débat local de qualité. Pour autant, nous n’allons pas sombrer dans le localisme. Oui les décisions nationales ont un impact sur les choix municipaux. Il ne faut pas se cacher. Nous sommes des élus locaux mais aussi des militants politiques. Nous serons donc présents pour dénoncer vos prises de positions, et souvent la schizophrénie des élu-e-s de gauche ou de droite qui nationalement soutiennent les politiques de réduction des dépenses publiques, et localement font semblant de se battre contre la fermeture d’un bureau de poste. Alors que l’un est la conséquence de l’autre. Ou est la cohérence ? Les politiques austéritaires défendues par les majorités présidentielles qui se succèdent ont les mêmes conséquences : la baisse des dotations pour les collectivités. Nous serons là pour nous opposer aux conséquences prévisibles locales. Trop souvent les économies se font sur la culture et l’éducation. Mais aussi sur le personnel et la masse salariale. Nous serons à leurs côtés pour les défendre. Intransigeants sur le fond mais disponibles pour la contradiction politique de fond. Voilà notre état d’esprit. »