Non, Ariel Sharon n’a pas été un artisan de la paix au Proche-Orient

Ariel Sharon, Premier ministre israélien de 2000 à 2006, est décédé après huit ans de coma le 11 janvier. Les hommages qui se sont exprimés, que ce soient ceux de Barack Obama, de François Hollande ou du Parti Socialiste, font la part belle à l’homme de paix qu’il aurait été en évacuant la bande de Gaza en août 2005. Quant à nous, nous retiendrons surtout ses violations du droit international, et la volonté que nous aurions eu de le voir traduit devant un tribunal international pour crime de guerre, voire crime contre l’humanité. En effet, en tant que militants pour la paix au Proche-Orient et tenants de l’application des résolutions de l’ONU, nous n’oublions pas que : – une commission d’enquête officielle a reconnu Ariel Sharon responsable de la barbarie des massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila par une milice chrétienne d’extrême-droite, les « Phalanges Libanaises ». Aujourd’hui encore, personne n’a été jugé pour ces massacres, tandis que les habitants de Sabra et Chatila – comme la plupart des Palestiniens expulsés depuis 1948 – continuent à croupir dans des camps de misère, au mépris des résolutions 194 et 3236 de l’ONU prévoyant leur droit à rentrer chez eux. – En tant que ministre de la construction et du logement en 1992, puis premier ministre, il a largement organisé l’expansion des colonies illégales en territoires palestiniens dans le cadre de vastes projets pour de nouvelles constructions, avec le soutien de l’extrême-droite israélienne et des organisations de colons. – Le retrait de Gaza a été une stratégie pour geler le processus de négociation, empêchant ainsi l’application des résolutions de l’ONU et enterrant les accords d’Oslo qui visent à permettre la création d’un état palestinien souverain selon le découpage de 1967, le retour des réfugiés, qui déterminent le statut de Jérusalem et garantissent le démantèlement des colonies. Ceci a du coup permis de faire de Gaza une prison à ciel ouvert et de diviser le mouvement national palestinien. – Ariel Sharon reste celui qui a provoqué les violences qui ont mené à la seconde Intifada en 2000. Ariel Sharon s’était rendu sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem. Sa visite avait déclenché une vague de violences dans les territoires palestiniens. Avec l’opération Rempart, le 29 mars 2002, il a organisé massacres et exactions contre les Palestiniens pour réoccuper la plupart des villes de Cisjordanie. Le Parti de Gauche réaffirme la nécessité d’une paix juste et durable au Proche-Orient et s’engage pour l’application des résolutions de l’ONU pour qu’Israël cesse de violer le droit international. A cet égard, le Parti de Gauche réaffirme sa participation à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction), point d’appui pour briser l’impunité du gouvernement israélien.