Notre patrimoine rasé.

Il semble bien que l’idée d’un Juvisy « village heureux du Grand Paris » (magazine de la ville d’avril 2016) ait vécue. Oubliée également l’idée de « retrouver la nature en ville ». Au lieu de cela, c’est bel et bien à une campagne de bétonnage à laquelle nous assistons. En quelques mois, en plein cœur de la ville, ce ne sont pas moins de 6 maisons traditionnelles en meulière qui vont être rasées, rue Kléber et Avenue de la République pour laisser place à des immeubles accueillant près d’une centaine d’ habitants, sans compter les innombrables programmes neufs qui sortent de terre.

Cette perspective est irresponsable à deux titres : patrimonial tout d’abord. Les biens que l’on s’apprête à raser sont caractéristiques du patrimoine architectural de la ville et en expriment l’histoire (utilisation de la pierre meulière, décorations en céramique…). En lieu et place, ce sont des immeubles sans personnalité que l’on s’apprête à construire.

Irresponsable, ensuite, au titre de la densité de la ville, qui explose déjà tous les records au regard des équipements existants. Les futurs habitants de ces immeubles savent-ils qu’ils trouveront à Juvisy des écoles publiques bondées, un hôpital fermé, des structures d’accueil à la petite enfance trop peu nombreuses, une voirie inadaptée et une gare et des trains déjà très fréquentés ?

Que ce soit les élus du PS ou Républicains, ils avaient été unanimes à défendre le Grand Paris, qui devait, nous promettaient-ils, nous ramener emplois et développement économique. Nous avions été seuls à dire le contraire : que Juvisy serait vouée à devenir une ville dortoir et que le développement économique serait réservé à d’autres. Nous y voilà.

Quelle qualité de vie promet-on vraiment aux Juvisiens dans une ville où même les arbres sont sacrifiés pour nous payer un beau parvis et une belle fontaine devant l’espace Jean Lurçat , pour un montant de 400 000 € bien au-dessus de nos moyens.

En confiant les futures constructions à des promoteurs immobiliers, déjà bien servis par ailleurs, ce n’est certainement pas un « village heureux » qui se construit, mais bien une ville hyperdense et sans âme. Les défenseurs d’une ville humaine et durable en seront pour leurs frais.

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