Nous avons voté contre le budget de la ville au Conseil municipal. Voilà pourquoi.

Cher-e-s collègues,

Sur la qarton6uestion du budget qui nous occupe ce soir, je dirais que c’est un budget incolore, inodore et sans saveur que vous nous présentez. Essentiellement tourné vers la réalisation d’économies, vous entérinez l’austérité commanditée par Bruxelles.J’ai d’abord des remarques globales :

– notre intégration au Grand Paris a été un mauvais choix, et ce n’est pas faute d’avoir prévenu. Cette intégration nous fait perdre des dotations (autour de 300 000 e d’après nos calculs) au bénéfice de Paris, aspirateur d’argent public, nous reléguant au rang de banlieue du Grand Paris. Ce choix d’intégrer la Métropole a été validé par vous tous, se révèle donc être un choix hasardeux. Et même si nous dénoncions cette logique de métropolisation, à cause de l’éloignement qu’elle conduit entre décisions et élus, entre citoyens et décisions, entre élus et citoyens, peut-être auriez-dû vous choisir l’intégration au Grand Paris Sud, vers Evry, qui faisait gagner de l’argent à notre ville, plutôt que d’en perdre !

– Cette intégration nous conduit à devenir le dortoir du Grand Paris. Nous aurons l’occasion de le dénoncer avec votre projet de PLU. Je vous avais accusé de vouloir changer la sociologie de la ville, et cela se révèle malheureusement d’actualité.

Vous faites le pari que plus il y aura d’habitants, plus vous ferez rentrer de ressources fiscales dans les caisses de la ville. C’est un mauvais pari. En effet, avec vos projets de constructions, sans création d’équipements et de développement économique nécessaires à l’augmentation du nombre d’habitants, vous nous conduisez dans une densification dont nous ne voulons pas. Les citoyens viendront dormir à Juvisy, mais iront travailler, consommer, exercer leurs loisirs ailleurs. Vous livrez ainsi notre ville aux promoteurs et aux marchands de bien, et les prix vont empêcher les enfants de Juvisy et les familles de rester dans notre ville. Nous en reparlerons au moment du débat sur le PLU.

– Un mot sur la baisse des subventions du Conseil départemental. Vous aviez promis pendant la campagne électorale ou vous souteniez l’élection de vos amis, que les villes seraient mieux soutenues, et que nous bénéficierons de davantage de subventions. Je constate qu’elles baissent, et ce malgré l’augmentation de 29% des impôts du département.Je tenais à souligner ce mensonge. Encore une promesse non tenue.

– Concernant la masse salariale. Vous vousfélicitez d’avoir réussi à contenir l’augmentation des dépenses salariales, et regrettez l’augmentation du point d’indice qui pourtant était gelé depuis des années et qui a provoqué, en réalité, une baisse de salaire des fonctionnaires territoriaux. Je trouve cela aberrant que l’austérité conduise à ce que des élus se réjouissent de la dégradation des conditions de rémunération et de travail des fonctionnaires qui font vivre le service public communal. Derrière des chiffres, ce sont des départs non remplacés, donc des charges de travail qui pèsent davantage sur les agents, de la souffrance au travail, et des services moins efficaces en direction des citoyens. Je tenais à les assurer de mon soutien. Les agents communaux dans beaucoup de communes protestent en faisant grève, je pense àChilly Mazarin, cela n’est que le début d’un mouvement qui va s’amplifier dans les exercices budgétaires à venir.

 En ce qui concerne les taux  d’imposition, si je comprends bien, la ville collecte pour le compte de l’EPT la part qui revenait aux Portes de l’Essonne et ce taux reste inchangé.

Si je comprends bien, c’est le même mécanisme qui s’applique pour toutes les villes qui ont rejoint l’EPT 12 ? Chaque habitant cotise à l’EPT 12 aumême taux qu’il cotisait avant la fusion des agglos sachant qu’aucune ville ou agglo n’appliquait le même taux ? Alors qu’en est-il de l’égalité entre les citoyens devant l’impôt, devant l’institution, devant le service public alors qu’ici les citoyens étaient très fortement taxés et qu’ailleurs ils le sont beaucoup moins voire pas du tout ?

Vous les décideurs, les maires, avez-vous pris des décisions pour réfléchir à rééquilibrer les choses et à les rendre plus justes? Avez-vousprévu des mécanismes de compensation en matière de financement ou de retombées pour les habitants de notre territoire ?

Pour protester contre cette inégalité? Nous voterons contre les taux d’imposition.

– Un mot sur la dette : vous vous gargarisez de maîtriser la dette et d’avoir peu recours à l’emprunt. Je tiens à rappeler ici que la dette est aussi un signe de bonne gestion d’une collectivité, et qu’il est sain d’avoir de la dette. Tout comme un ménage s’endette pour investir dans une maison ou une voiture, une collectivité investit et il est normal defaire porter le coût d’un équipement sur plusieurs générations d’habitants qui vont l’utiliser. Tout comme aucun ménage ne penserait à acheter comptant une maison, aucune collectivité ne paierait comptant une piscine, une crèche ou de la réfection de voirie ! Donc arrêtez d’enfumer les citoyens sur la dette. Une ville a besoin d’emprunts pour faire de l’investissement sur notre patrimoine.

– Pour ce qui concerne le budget en lui-même, j’ai déjà dit que je le trouvais fade et sans saveur. 

Vous présentez comme plan ambitieux pour l’éducation d’acheter pour 50 000 € d’ordinateurs pour les écoles, on fait mieux comme ambition, alors même que les classes vertes sont menacées.

La droite s’élève habituellement contre les dépenses de communication, pourtant vous n’êtes pas en reste à ce niveau-là et je vois que vous augmentez les dépenses de fêtes et cérémonies en ces temps de disette financière.

– Pour ce qui est de la Maison de santé, je redis ici que rénover les bureaux de poste pour accueillir les permanences, cela relève à notre sens de dépenses inutiles. Sacrifier les services publics qui existent sur le Plateau et les bords de Seine, pour accueillir d’hypothétiques médecins, sans projet ficelé, c’est hasardeux, d’autant que j’ai déjà proposé de loger cette Maison de santé, dans le cadre d’un projet de santé, dans les locaux vides de l’Hôpital de Juvisy. 

Pour ce qui concerne l’aménagement des berges de Seine pour 500 000 E, je demande à voir le projet, car s’il s’agit de requalifier ces berges, 500 000 € c’est trop peu, s’il s’agit de mettre des bancs le long, on ne peut pas parler de véritable requalification.

Enfin, j’en termine sur la question écologique, je regrette de ne pas trouver d’actions fortes en direction de la biodiversité, surtout en cette année où la France a accueilli la COP 21 et dans laquelle les décideurs se sont engagés à prendre desdécisions fortes. Je demande quelle est la contribution de Juvisy. Je n’en vois aucune.

– Enfin, je rappelle que lorsque vous avez pris cette ville, vous saviez qu’il faudrait vous confronter à la baisse des dotations de l’Etat qui a commencé non pas avec Hollande mais avec Raffarin en 2002. Ce n’était donc pas une surprise pour vous. Surtout que vous soutenez cette politique de baisse des dotations. Donc cessez de vous cacher derrière les dotations de l’Etat pour entériner un budget qui, somme toute, répond à la vision que vous avez du service public communal. Sinon il ne fallait pas vous présenter pour diriger cette ville.

 

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